Deux mains tiennent un contrat, dont une qui signe avec un crayon.

Au cours des dernières semaines, plusieurs membres ont contacté la fédération, ainsi que leur association respective, afin de comprendre pourquoi la nouvelle entente collective n’était toujours pas en vigueur. Même des représentants des établissements de santé nous ont questionnés à ce sujet!

Comme indiqué dans le dernier Info-Négo, le texte final de notre entente collective a été signé par vos représentants, à la demande des représentants gouvernementaux, le 21 juillet dernier. Ces derniers nous ont confirmé par écrit, le 23 juillet, que tout était conforme et qu’ils allaient faire « les suivis et les relances nécessaires pour tenter d’obtenir la signature du Ministre le plus rapidement possible ».

Cela fait maintenant trois mois.

  • Nous nous attendions à ce que le processus prenne quelques semaines avec le ralentissement des activités gouvernementales durant la période estivale. Mais l’entente collective actuellement en vigueur avait été signée, en 2018, par le ministre de la Santé moins d’un mois après notre signature à nous. Alors, qu’est-ce qui explique un délai aussi long cette fois-ci?
  • Après une nouvelle relance auprès du ministre Dubé, par laquelle nous avons demandé s’il refusait de signer l’entente convenue, son cabinet nous a finalement indiqué la semaine dernière que le processus allait encore « prendre quelques semaines au maximum »…
  • Nous sommes donc devant un manque clair de diligence de leur part, mais se pose également la question de savoir s’il ne s’agit pas de tactiques de mauvaise foi destinées à repousser l’entrée en vigueur de notre entente.
  • Pourtant, après la ratification par les membres de l’entente de principe, le gouvernement a émis un communiqué, le 8 avril, par lequel la présidente du Conseil du Trésor et le ministre de la Santé soulignaient conjointement que : « cette entente (…) permettra un meilleur accès aux soins pour la population québécoise, tout en améliorant les conditions d'exercice des médecins ré» Qu’est-ce qui a changé depuis ? Les négociations avec la FMOQ et la FMSQ ? La nouvelle stratégie de la CAQ de miser sur le « doctor bashing » pour tenter de sortir de leur croissante impopularité dans les sondages?

À l’occasion de l’Assemblée des délégués, samedi dernier, nous avons donc fait rapport de la situation à vos représentant·e·s. Ceux-ci ont voté à l’unanimité une résolution prévoyant une escalade de moyens de pression débutant par des recours judiciaires et pouvant aller, si nécessaire, jusqu’à la grève.

Cela peut paraître étrange de parler de grève alors que nous avons déjà signé l’entente envoyée par l’autre partie. Mais que peut-on faire de plus quand nos vis-à-vis semblent bloquer son entrée en vigueur?  

Rappelons ici que les délais de signature par le ministre vous privent du bénéfice de plusieurs dispositions de la nouvelle entente, notamment le repos facultatif à partir de la 8e journée consécutive travaillée (d’une séquence de 12 à 19 journées consécutives). Et nous ne parlons même pas ici des dédommagements salariaux négociés alors que nos membres n’ont pas eu d’augmentation salariale depuis 2021 et que l’inflation, elle, n’a pas pris de pause depuis ce temps.

Voilà pourquoi, conformément à la résolution adoptée par vos délégué·e·s samedi dernier, nos procureurs ont signifié une mise en demeure au ministre Dubé lui intimant de procéder à la signature de l’entente dans les meilleurs délais. À défaut d’une signature rapide, nous entreprendrons tous les recours judiciaires nécessaires et relancerons le processus d’exercice de moyens de pression, incluant la grève.

Nous vous tiendrons bien sûr au courant des développements. Vous serez évidemment consulté·e·s en assemblée si des moyens de mobilisation comme la grève devaient être entrepris.

Votre fédération 


Courriel envoyé à l'ensemble des membres le 22 octobre 2025